Il nous aura fallu une première nuit après notre arrivée (le récit du départ, c’est ici) et nos premières longueurs de route cap sur l’ouest pour se rendre compte que nous étions en Alberta, au Canada avec nos deux chiens, ce que nous pensions impossible encore quelques mois auparavant.
Dans cet article, nous racontons notre parcours, nos grandes étapes et activités et quelques unes de nos anecdotes.
LE PARCOURS
1. De Calgary à Vancouver
Nous avons donc atterri en décalé, à Calgary, en Alberta. Après l’atterrissage de Benji et Roskva, nous avons pris la route directement cap sur l’Ouest en direction de Vancouver. Nous avions un “rdv” là bas avec de la famille et n’avions que 4 jours pour faire les 974 km qui séparent les deux villes.
Sur la route, nous avions prévu plusieurs stops, soit pour dormir, pour s’alimenter, pour promener ou pour visiter bien sûr!
(Pour gérer un road trip avec des chiens : c’est par la)
Notre plus gros stop visite a été au Parc National Yoho. Après avoir admiré les magnifiques Takakkaw falls, nous avions prévu de faire notre premier campground non accessible en voiture. Et quel régal! Situé sur le bord du lac Yoho, nous avons pu profiter d’une vue incroyable pour la fin de journée et la matinée suivante. Nous en sommes repartis avec le sentiment d’en avoir vu qu’une toute petite partie, mais une magnifique!
Nous avons passé les jours suivants sur la Highway 1, traversant notamment le Glacier National Park, longeant l’immense lac Shuswap, puis la South Thompson River jusqu’à Kamloops. Si rouler peut paraître ennuyant, on vous promet que dans de tels paysages, chaque minute est un délice. Nous avons tellement été ébahi par le Glacier National Park, que nous déciderons finalement d’y retourner, une prochaine fois!
Enfin nous avons atteint Vancouver, en British-Columbia, où nous avons commencé par un dégourdissage de pattes à l’immense Stanley Park avant de rejoindre Granville Island.
En traversant le grand pont qui passe au-dessus de cette presqu’île, le GPS nous a suggéré que sauter du pont pour atterrir directement au café restait le chemin le plus court… Merci pour son aide! Bref, on a réussi à se débrouiller pour y arriver en toute sécurité!
2. Vancouver
Impossible d’imager le bonheur de retrouver sa famille, sur un autre continent, pour partager un verre dans un endroit aussi chaleureux que Granville Island, avec nos chiens de surcroît! Les nièces qui se jettent sur les chiens, eux qui wouwouttent de contentement et les passants qui nous écoutent parler français, un peu étonnés cette drôle de troupe. Cela restera un moment gravé dans nos mémoires.
Tous ensemble nous avons ensuite partagé un pic nique en admirant le coucher du soleil à Kitsilano Beach.
Nous n’avions pas favorisé les villes pour passer du temps alors dès le lendemain, nous nous sommes tous retrouvés à Horseshoe Bay, pour partager notre premier brunch canadien, miam! Nous avons ensuite pris le ferry pour rejoindre Nanaimo, sur l’île de Vancouver.
3. Vancouver Island
L’île de Vancouver, c’est un territoire d’une superficie environ égale à celle de la Belgique qui se situe tout à l’Ouest donc, et juste au-dessus de la frontière américaine. Avec un climat plus océanique, il y fait un peu moins froid l’hiver, et un peu moins chaud l’été.
Nous avions loué une maison à Black Creek, sur la côte Est de cette Île pour passer la semaine. Ça nous aura permis de visiter les environs, faire du canoë à Campbell River, faire des randos, se tremper les pieds à Buttle Lake, dormir dans Strathcona Provincial Park ou encore nager dans Campbell Lake. Couronnés de quelques barbecues, d’une soirée dans un pub, d’un billard et d’un bingo, le temps est vite passé!
Après cette dizaine de jours au Canada, nos mémoires sont déjà remplies de souvenirs merveilleux. Il est temps de changer d’ambiance et de se diriger vers la petite ville de Bella Coola.
Quelques heures de route nous attendent le long de la route 19, et nous faisons un premier stop repas à Telegraph Cove. Ce tout petit village de bord de mer était la dernière station du télégraphe de Campbell River. C’est depuis devenu un petit port d’éco tourisme, notamment pour partir observer les baleines et les orques qui s’installent non loin l’été. Encore une belle découverte.
En fin d’après-midi, nous rejoignons Port Hardy, où nous dégusterons un délicieux fish-and-chips de cabillaud frais, en observant un ballet offert par les Bald Eagles (ou Pygargue à tête blanche) du coin. Pour vous donner une petite idée, c’est environ 2 mètres d’envergure d’aile, et une vitesse de pointe entre 120 et 160km/h… Rien que ça!
Le lendemain, c’est parti pour 10h de ferry pour rejoindre Bella Coola, sur le continent. L’occasion d’observer les baleines, les dauphins, les orques qui vivent dans le coin, autant que les paysages sauvages des fjords qui nous entourent. On en prendra l’habitude, dans cette partie du canada, chaque trajet est un voyage en soi et propose des paysages ou de la faune sans discontinuité.
4. Bella Coola
Coincée dans les fjords, bordée de montagnes (dont certains sommets sont encore inexplorés à ce jour), et de forêts remplis d’ours, cette petite ville est surtout un territoire traditionnel du peuple Nuxalk, et tente de faire perdurer leur culture à ce jour.
Nous avons eu l’incroyable chance de pouvoir mettre un orteil dans la culture de ces peuples indigènes, leurs traditions, leur histoire, leurs arts. Sans en dévoiler plus à leur demande, croyez nous sur parole qu’entendre conter leurs légendes devant des pétroglyphes vieux de plusieurs millénaires ou vivre un chant appelant l’orage quand ce dernier rugit au loin, sont des expériences d’une intensité vraiment rare et on se sent réellement reconnaissant de ce partage.
Outre cette fabuleuse immersion, il y a moultes randonnées toutes plus belles les unes que les autres dans le coin, un petit café charmant, des otaries dans le port et de la poiscaille fraîche à déguster. Attention tout de même, spray à ours obligatoire partout, et clochettes pour les chiens! Là-bas, les grizzlis et les ours noirs sont chez eux! Nous avons eu la chance d’en croiser au loin, c’était hyper impressionnant.
Pour repartir, il n’y a pas 50 solutions : le bateau ou une route, “the Hill”. Cette route a été construite sur le tard, et avant elle, le village était vraiment isolé du reste du Canada. Considérée comme une des routes les plus dangereuses d’Amérique du Nord, c’est 43 km de piste, 1500m de dénivelé, avec des pentes à 18% et pas de rambardes de protection. Une expérience en soi!
En repartant de Bella Coola direction Williams Lake, nous avions prévu une nuitée en Backcountry (bivouac régulé) vers les chutes Hunlen, parmi les plus hautes du Canada. Malheureusement, chaque été, les forêts canadiennes (et pas seulement) souffrent de nombreux feux qui ont rendu impossible cette étape là. Il a d’ailleurs été question à un moment de décaler notre départ de Bella Coola puisque les feux ravagaient les forêts de part et d’autre de la route, et qu’elle a donc été fermée. Voir tous ses arbres consumés offre un paysage de désolation et nous les avons traversé la larme au coin de l’œil.
L’endroit où nous avions prévu d’aller n’a pas été touché, mais le risque de rencontre avec des ours était trop grand. En effet, les Rangers nous ont expliqué que quand un territoire brûle, les ours se déplacent vers les forets voisines ou une population est souvent déjà présente, ce qui engendre des conflits entre ours et des risques accrus pour les visiteurs.
Les feux de forêts non réglementés et non maîtrisés sont vraiment une calamité pour la faune, la flore et l’environnement. Pensez-y à chaque fois et faites extrêmement attention à respecter les réglementations, à avoir de quoi éteindre les flammes et à ne pas en declencher par accident. Un simple bout de verre sur le sol peut déclencher un feu avec les reflets du soleil. Ces erreurs coûtent la vie à des animaux, à des arbres, et mettent en danger la biodiversité mais aussi les pompiers qui luttent contre.
Nous avons donc campé en “bord de route”, avant de poursuivre vers William Lake.
L’objectif à ce point était de rejoindre les fameuses « Canadian Rockies”.
5. Les rockies
Le premier parc que nous avons traversé a été celui de Wells Gray, et nous avons regretté de ne pas y avoir passé plus de temps! Quelques chutes d’eau (Helmcken, Dawson), un dodo, une rando et c’est reparti pour rejoindre Jasper National Park.
Malheureusement, la météo qui avait été très clémente jusqu’à présent, s’est vraiment dégradée à notre arrivée dans cette vallée. Nous avions réservé que du camping et essentiellement en Backcountry donc de dormir en montagne avec juste ce qui est portable dans nos sacs à dos. De la pluie était annoncée pour les 4 jours, et après une première nuit catastrophique (bois trempé, chiens mouillés, impossible de faire sécher la tente…), nous avons dû annuler cette dernière partie de notre parcours. Le lieux étant extrêmement touristique, les quelques logements encore disponibles étaient à des prix astronomiques et il est vrai que les chiens mouillés dans la tente, la galère pour faire le feu et manger, et les vues bouchées par les nuages nous ont poussé à renoncer.
La petite anecdote : quand nous sommes arrivés à notre campement, le bois disponible était vraiment très humide. Si c’était à refaire, on sécuriserait toujours quelques bûches au chaud dans la voiture, avec des allumes feux! Mais bref, par manque d’expérience, nous n’avions pas ce qu’il fallait alors on a fini par brûler nos grilles de mots croisés, nos photocopies de papiers dont nous n’avions plus besoin et même les cartons des rouleaux de PQ pour réussir, après un long effort, à obtenir une jolie flamme pour se réchauffer et cuisiner notre popote!
Sur la route pour rejoindre Banff, nous avons donc organisé notre retour anticipé. Finalement, modifier nos billets d’avion nous revenait à moins cher comparativement aux nuits qu’il fallait réserver en sus de ce qui était prévu. Et c’est donc l’option que nous avions choisie! C’était sans compter les 150 euros de dépassement de forfait téléphonique pour appel à un numéro spécial : la compagnie aérienne… On le saura pour la prochaine fois.
Bref, à Banff, nous avons eu la chance de partager un bon burger avec des membres de notre famille qui était aussi dans le coin et de visiter rapidement la ville.
Nous avons ensuite eu une journée à Calgary avant le premier vol du retour.
LE RETOUR
Comme pour l’aller, nous avons volé à 24h d’écart.
Premier équipage : Ariane et Skoll. Départ sans encombre, vol ponctuel, tout se passe bien jusqu’à l’arrivée à Francfort.
Anecdote 1 :
Je suis donc dans le grand hall, au niveau des bagages spéciaux pour attendre Skoll. Normalement, les animaux en soute sont les premiers sortis de l’avion et arrivent donc avant les bagages. L’attente se prolonge, j’ai déjà questionné l’employé 4 fois et mes bagages arrivent. Je les récupère et panique un peu de ne pas voir mon chien. Je me rends au comptoir d’assistance, demande des infos, commence à m’exciter un peu quand on me répond que les chiens sont sortis après le reste des affaires. (Oui, je leur ai dit que c’est le seul aéroport au monde à faire comme ca, que c’est scandaleux et que c’est de la merde et que je veux voir mon chien… Autant vous dire que ça n’a pas été très efficace et que je m’en suis voulu quand j’ai su ce qu’il s’était passé après..). Bref la solution c’est l’attente. Je commence déjà à échafauder des plans pour me faufiler derrière le comptoir et aller chercher Skoll moi même, quand je vois ma cage arriver, à moitié détruite, et sans chien dedans. Suivie par 4 grands mecs sur le tapis (promis, c’était cocasse), une autre cage entre eux, et Skoll!
Me voila donc assise par terre pour caresser Skoll dont la première urgence est d’avoir des gratouilles au bidou, en écoutant les agents de l’aéroport m’expliquer dans un anglais approximatif que Skoll se baladait dans la soute, et qu’il leur avait fallu trouver un collier, une laisse et une autre cage pour l’emmener en toute sécurité jusqu’à moi!
Le problème des pick up non couverts, c’est qu’avec la pluie, les grilles des cages ont peu rouillées. Et Skoll, en petit futé, à réussi d’abord à détruire la grille latérale en rognant le plastique puis avec un bon petit coup dans la porte, a pu sortir se balader. Quel gros bourrin! Au final il allait très bien, j’ai remercié les gentils agents qui avaient visiblement fait tout ce qu’ils pouvaient et nous avons appris de cette expérience que vérifier les cages avant et en prendre soin, c’est important!
Anecdote 2 :
Je sors donc de l’aéroport, j’appelle le gars qui doit nous ramener la voiture, (Benji l’avait prévenu avant pour décaler la date vu qu’on anticipait notre retour), et il me répond, tout surpris que c’est prévu pour le lendemain… Merci les erreurs de décalage horaire! Mais encore une fois, la gentillesse allemande se reconnaît, il a pu me dépanner et je n’ai vraiment pas attendu longtemps.
Anecdote 3 :
Le retour de Benji et Roskva s’est passé plus simplement. Heureusement que le propriétaire de la voiture de location au Canada était adorable : un sac a été malencontreusement oublié dans le pick up et Benji était déjà rendu à l’aéroport avec Roskva et sa cage… Galère de trouver un taxi pour faire l’aller retour avec tout son encombrement! Mais le gars à emmener le sac à l’aéroport, trop sympa!
Nous nous sommes retrouvés à l’aéroport de Francfort le lendemain matin, avons fait une grande balade pour dégourdir les pattes des toutous et nous avons pris directement la route pour rentrer chez nous, l’esprit encore perdu dans les sommets canadiens.
Déjà à ce moment, nous savions que ce n’était qu’un aurevoir… A la fois parce que nous avions écourté les rocheuses, mais aussi parce que les parcs traversés méritent tellement plus qu’une nuit de passage. L’île de Vancouver également. Nous avons été ébloui par les paysages, la grandeur des espaces, la densité de la nature et de la faune, mais surtout nous avons trouvé une destination ou voyager avec ses chiens est faisable, pas exorbitant, relativement simple et juste fantastique.
Bref, nous avions la conviction que notre histoire là bas n’était pas terminée.
LE BILAN
L’apprentissage le plus marquant de cette histoire, c’est que voyager avec des chiens, c’est non seulement possible, mais pas si difficile et finalement pas si cher! Avec un peu de débrouille, il y a des solutions et les moments vécus avec eux là-bas, font vraiment partie de l’inoubliable!
Bien sûr, en plus de tout ce que le voyage apporte, nous aurons aussi pris de l’expérience sur la gestion en roadtrip, l’adaptation, la vie en camping etc etc etc.
Ce qu’on sait, c’est que sans cette première expérience, nous n’aurions probablement jamais songé à la possibilité d’une expatriation avec nos chiens à l’autre bout du monde. Cette aventure a changé notre vision des choses sur le voyage avec des animaux et a marqué le début de nouvelles aventures, autour du monde et sans limites, avec eux.
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