Roskva et Skoll sont nos deux malamutes adorés. Ils nous suivent partout et font partie de chacun de nos projets. Alors quand nous avons commencé à parler d’expatriation, il a fallu questionner la faisabilité en fonction d’eux. Notre choix : la Nouvelle Zélande! Le Hic? C’est l’un des pays les plus restrictifs en termes d’importation animale. Entre la décision et le moment où nous avons enfin été tous les 4 réunis en terre promise, il s’est déroulé 2 ans. On vous raconte!
ETAPE 1 : LA DÉCISION
Tout commence fin 2022, on veut partir, avec pour objectif l’été 2024! Notre première idée, la Nouvelle Zélande. Cette destination réunit plusieurs de nos critères entre rugby, culture, accueil des chiens etc… Sans surprise, notre problématique principale concerne le transport des toutous. Nous réalisons les premiers devis pour l’exportation et premier CHOC : les estimations s’annoncent autour de 20 000 euros. Bien au-delà de notre budget et surtout, ce montant nous paraît complètement déraisonnable! Nous abandonnons finalement l’idée et cherchons un autre projet… ou pas vraiment!
Un peu plus d’un an après, en novembre 2023, la décision est prise, ce sera la Nouvelle Zélande, aucun autre projet ne nous plaît autant que celui-ci. Nous décidons rapidement de décaler notre départ d’une année (2025) pour mieux rentrer dans notre budget et se laisser du temps pour les préparatifs.
Le processus d’expatriation pour nous était simple, pour les chiens beaucoup moins. Nos plus gros problèmes étaient les (a minima) 24h de vol en cage et les prix. Sachant qu’il fallait aussi respecter la réglementation NZ. Nous avons donc réfléchi avec différentes options.
Option 1 : Faire voler les chiens depuis Paris jusqu’à Auckland par une agence spécialisée (obligatoire), sans sortie à l’escale, soit un minimum de 24h en cage. Option la plus simple et la moins chère mais non imaginable pour nos monstres plein d’énergie.
Option 2 : Prise en charge à Paris par l’agence spécialisée, escale avec temps en chenil spécialisé, accrédité, plus cher qu’une nuit au Ritz, vol jusqu’à Auckland. Cela permet de couper le vol en deux. Il a donc fallu faire des devis avec des escales un peu partout dans le monde : Moyen Orient, Asie, Amérique. Les prix étaient délirants si l’organisation était gérée depuis Paris jusqu’à Auckland directement!
Ce sont les deux grands types de devis qui sont proposés par les agences, avec plus ou moins de services. N’ayant pas envie de devoir vendre nos organes, nous avons donc imaginé une option 3 : programmer l’escale seuls. Sur le papier, très bonne idée, dans la vraie vie, c’est très compliqué.
Option 3 donc : organiser notre propre escale et confier les chiens à l’agence de transport qu’à partir de la destination d’escale. Ce n’est pas tout à fait impossible, mais il y a deux points à ne pas négliger : la compagnie de transport animalier doit assurer le transport depuis le pays d’origine jusqu’à Auckland. Si vous avez bien suivi, l’escale devient donc le pays d’origine. Deuxième point : les derniers tests vétérinaires (entre 60 et 30 jours) doivent être réalisés dans le pays d’origine. Il y a peut-être des dérogations possibles, mais on ne les a pas trouvées.
Autrement dit : option 1 = 24h de cage, option 2 = la ruine, option 3 = compromis sur délai court.
A ce point de semi désespoir, notre décision était de toute façon définitive à 90% que nous ne leur imposerions pas 24h de cage sans sortie, et nous étions très réticents à dépenser tout notre budget dans leur transport. Alors nous avons travaillé l’option 3 jusqu’à trouver une solution : 2 mois au Canada. Est ce que ça s’appelle toujours une escale?
D’une discussion utopique, c’est devenu notre alternative! L’idée : voyager au Canada, c’était déjà fait et l’opportunité d’y retourner ne nous déplaisait pas. Quitte à dépenser beaucoup d’argent, autant que ce soit pour faire un voyage entre les deux vols avec eux plutôt qu’ils passent une nuit en chenil tout seuls en Asie centrale. Alors nous avons monté le projet en prévoyant 8 semaines sur le territoire Canadien, pour considérer le temps des examens vétérinaires. Le pays “d’origine” de l’exportation devenait alors le Canada. Est revenu le temps (encore et encore) des devis, au départ de Vancouver cette fois. Les prix étaient toujours élevés mais divisés par deux comparativement aux estimations de l’option 2.
Nous sommes au printemps 2024, le budget prévisionnel (comprenant deux mois de vacances au Canada) est établi et viable, la décision est prise. Il ne reste “plus qu’à” réunir tous les papiers et organiser la première partie du transport.
ETAPE 2 : Le processus en France
Pour la première partie France – Canada, nous décidons de voyager avec Airfrance, tous les 4 sur le même vol. C’est la compagnie qui accepte les cages les plus grandes et cette fois on ne prend pas de risque! On maîtrise ce processus, c’est la partie “facile”.Pour les papiers, nous comprenons vite que la rigueur va être le maître mot. Les règles sont très strictes et la moindre erreur conduit au renvoi du chien du territoire NZ voire à l’euthanasie (peut être plus une menace qu’autre chose, mais bref, ça ne rigole pas). Alors plusieurs semaines nous ont été nécessaires pour regrouper toutes les informations et être sûrs de tout saisir.
Une solution de trouvé et déjà une nouvelle embûche : théoriquement, les instances néo-zélandaises demandent que l’animal passe au minimum 6 mois continus dans le pays d’origine (le Canada donc) avant l’exportation, nous en avions prévu 2. Oups! Cependant, la France et le Canada étant dans la même zone concernant la régulation de la rage, nous imaginons ce point négociable. Et en effet, un petit texte de loi NZ spécifie que si la zone est de même catégorie, c’est ok! OUF! Néanmoins, une dérogation sur le permis d’import est nécessaire et pas toujours garantie. L’autre condition implique que le vétérinaire officiel Canadien accepte de signer des papiers qui proviennent de vétérinaires et instances Français. Vous vous en doutez, nous avons dû évidemment vérifier cela auprès des instances NZ et Canadiennes, non sans difficultés.
Avant de verser des tonnes d’avoirs (agence de transport, quarantaine…), nous nous sommes aussi assurés que les loulous ne présentaient aucune caractéristique d’inéligibilité. Nous avons donc fait préalablement les premiers tests sanguins de dépistage de la brucellose et de la piroplasmose.
Janvier 2025, les chiens sont éligibles à l’exportation et notre plan “d’escale” devrait être accepté. Nous avons choisi la quarantaine et notre transporteur Canadien, il ne reste plus qu’à suivre la procédure vétérinaire : tests antirabiques, remplissages de documents en tout genre etc etc. Pendant ces quelques mois entre mars et juillet, nous avons jonglé entre les démarches administratives pour nous, le déménagement de nos affaires, l’organisation du voyage et surtout les rdvs vétos. Des tonnes de papiers à réunir pour le transporteur, pour la quarantaine, pour le permis d’import, des dizaines de documents remplis par les vétérinaires (ils ont assuré!), des centaines de mails, quelques heures au téléphone… On y ajoute quelques calculs pour que les délais des vaccins soient respectés tout en nous laissant suffisamment de temps pour obtenir le permis d’import. Bref, il a fallu être réactifs et flexibles!
Finalement, le plus difficile dans tout ça, a été de réussir à obtenir un rdv auprès de la DDPP, afin que le vétérinaire officiel français tamponne notre “OVD”, LE document qui nous a permis d’obtenir notre permis d’import. Le GRAAL quoi!
Et quel soulagement! Le permis d’import, c’était l’étape 1 qui pouvait invalider TOUT le projet! Alors l’avoir en poche a été une grande joie! Il ne restait plus qu’à valider les dates, les contrats avec transporteur et quarantaine et… trouver un vétérinaire au Canada pour la suite des procédures!
ETAPE 3 : LE CANADA
C’est l’été 2025, nous sommes à quelques semaines du départ. La partie Française, dont l’objectif était le permis d’import avec dérogation, les contrats avec transporteur et quarantaine, est assurée. La suite a été plus linéaire : il suffisait de suivre les recommandations et le processus. Nous avons également été guidés par notre transporteur qui a supervisé le tout.
Au Canada, les loulous ont dû faire 4 rdvs sur le dernier mois , avec des prélèvements sanguins et quelques cachetons cachés dans du kiri mais ils étaient contents, c’était gourmandises à volonté chez la gentille dame! Finalement, il s’est avéré qu’avec certains tests, 30 jours dans le pays d’origine sont suffisants… plutôt que les 60 qu’on avait calculé par sécurité. Quel dommage, on a fait un voyage extraordinaire dans l’Ouest Canadien!
On vous passe les petits détails stressants du labo qui fait une erreur dans le numéro d’identification, les papiers qu’il faut refaire, le véto qui n’a pas le bon cacheton comme demandé, le rdv annulé… que du bonheur, mais rien d’insurmontable! Chaque résultat de test était un soulagement et nous rapprochait chaque jour de la réussite de leur exportation.
Enfin, toutes les étapes ont été franchies, c’est le jour J, nous sommes devant le hangar où nous devons déposer les chiens pour leur grand voyage. Nous avons promené plusieurs heures, vérifié que les papiers étaient en ordre, que la quarantaine était prête, et nous essayons de rester calmes pour ne pas stresser nos pépères. Le vétérinaire officiel arrive, vérifie les papiers et les chiens, scelle les cages et repart. Les chiens sont calmes, on est rassuré, tout va bien se passer. On s’apprête à repartir quand un employé de la sécurité nous interpelle : les chiens doivent ressortir, ils ont oublié de faire les vérifications des cages! Coup de stress, le vétérinaire officiel étant le seul à pouvoir sceller de nouveau les cages, il faut qu’il revienne. Une dizaine de minutes après, il est là, nous ressortons les chiens, qui ne comprennent plus rien. La sécurité vérifie les cages, Roskva râle de devoir y retourner, Skoll est un peu dépité, nos émotions sont sans dessus dessous mais finalement tout est en ordre, les chiens sont prêts. A la fois soulagés et stressés, on les laisse là-bas, le cœur un peu (très) lourd.
ETAPE 4 : les retrouvailles
Leur vol s’est bien passé, la quarantaine les a récupéré à l’aéroport et ils nous ont envoyé des nouvelles quasi quotidiennement, avec photos à l’appui. Les chiens étaient queues hautes, bien nourris, joueurs et réclameurs de câlins professionnels!
10 jours plus tard, le 17 novembre 2025, on les a retrouvés, fous de joie, à la quarantaine! Enfin au complet et les visages couverts de léchouilles, nous sommes partis faire une grande balade dans le jardin botanique d’Auckland, et nous avons commencé cette nouvelle vie avec eux, heureux, à l’autre bout du monde!
Pour conclure, les chiens ne semblent pas garder de traumatismes de cette aventure, ils sont contents d’avoir plein d’odeurs à découvrir et adorent se baigner dans le Pacifique et les lacs Néo-Zélandais. De notre côté, nous sommes fiers de ne pas avoir baissé les bras et d’avoir poursuivi notre rêve. On se régale de découvertes et d’explorations à leurs côtés. On apprend tous les jours à construire notre quotidien et notre bonheur, à 4(x)pattes, comme d’habitude!